Les TAGER en Afrique

L’Afrique fait face à une crise énergétique : la capacité de production actuelle n’arrive pas à satisfaire la demande croissante en électricité. L’électricité qui est nécessaire pour alimenter et faire croître l’économie, favoriser le développement local et s’attaquer au problème de la pauvreté urbaine et rurale n’existe tout simplement pas. En outre, les sources traditionnelles ne sont plus fiables, elles sont devenues inabordables d’un point de vue prix ou de plus en plus rédhibitoires.

La consommation de carburants fossiles, essentiellement par les pays riches et industrialisés du fait de l’histoire, est le moteur du changement climatique qui menace la planète. Sur le continent qui en est le moins responsable, les effets du changement climatique sont déjà évidents: la fréquence et la gravité des inondations et des sécheresses augmentent, la vie des populations est affectée.

Si elle trouve une solution énergétique durable, financièrement abordable et fiable pour satisfaire ses besoins, l’Afrique a l’opportunité d’éviter les modèles de développement ‘sale’ qui ont été suivis par les pays du Nord, en alimentant en électricité son économie et ses populations à partir d’énergies renouvelables.

Les systèmes de Tarifs d’Achat Garantis pour l’Electricité d’origine Renouvelable (TAGER) ont réussi à faire augmenter l’utilisation des technologies exploitant les énergies renouvelables dans le monde. Les TAGER encouragent les investissements dans la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables – aussi bien de la part de foyers individuels, de collectivités que de grandes entreprises – en garantissant d’acheter à tous l’électricité ainsi produite.

En 2012, 65 pays avaient mis en place et appliqué une forme ou une autre de TAGER, ce qui a été moteur pour 64% des installations éoliennes à l’échelle mondiale, et 87% de la capacité mondiale installée en photovoltaïque. La majorité de ces installations ont eu lieu dans les pays industrialisés, et particulièrement en Europe ; pourtant le continent africain a un potentiel important en énergies renouvelables mais qui reste inexploité. Les TAGER ont le potentiel de transformer les systèmes énergétiques et les sociétés de manière profonde et tangible. Quand ils sont bien adaptés au contexte local, ils peuvent réellement augmenter la production énergétique dans son ensemble – aussi bien dans le cadre du réseau national qu’en dehors de celui-ci, doper le développement économique et améliorer l’accès aux énergies propres pour tous tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre et les autres problèmes liés au développement ‘sale’. De plus, l’approche décentralisée des TAGER permet des modes d’appropriation et des modèles de gouvernance alternatifs et offre la possibilité de responsabiliser les communautés et de renouveler la démocratie locale et l’auto-gouvernance. Plusieurs pays africains ont déjà mis en place une telle politique énergétique.

Les défis rencontrés sont différents d’un pays à l’autre car bien que ces pays appartiennent tous au même continent, il y a entre eux de grandes disparités. Ces pays différentes aura des motivations différentes pour introduire un système de TAGER ainsi que des attentes distinctes en termes de résultat parce que TAGER est en mesure de répondre à une grande variété de défis différents.

Non prise en compte les différences nationaux, la plupart des principes d’élaboration d’un système de TAGER restent les mêmes et peuvent être adaptés pour prendre en compte les besoins spécifiques de chaque pays. De plus, il est possible de tirer des leçons générales des pays Africaines qui ont fait expériences avec TAGER qui seront utiles à tout pays intéressé à développer son propre système de TAGER :

• Il est important d’avoir un appui politique à haut niveau ainsi que le soutien de tous les autres acteurs du secteur.

• Les TAGER qui sont résilientes aux changements du paysage politique ont besoin de la formation de larges coalitions entre la société civile, les décideurs politiques et les représentants du secteur privé.

• La politique de TAGER doit faire partie intégrante de la stratégie de développement plus large du pays.

• Les politiques de TAGER sont complexes et doivent trouver un équilibre entre leurs objectifs généraux et les incitations pour attirer les investissements.

• Les décideurs politiques doivent être très clairs sur les objectifs qu’ils souhaitent réaliser avec un système de TAGER.

• De nombreuses technologies liées aux énergies renouvelables ont des coûts d’investissement initial très élevés, mais elles restent toutefois moins chères que celles liées aux énergies fossiles sur le moyen et long terme. Ceci est à prendre en considération dans l’élaboration et le calcul des tarifs.

• Si le coût d’une politique de TAGER est supporté par le consommateur final, il faut mettre en place des mécanismes de transfert social.

• Les gouvernements et les installations qui appartiennent à l’état peuvent facilement aider à diminuer les coûts pour le développement de projet individuel en fournissant des informations détaillées sur le potentiel du pays en termes d’énergies renouvelables.

• Il faut envisager de rationaliser le processus d’octroi des licences au moyen d’un “guichet unique” au sein d’une agence centralisée et de contrats standardisés pour diminuer les coûts de transaction.

• Des garanties crédibles pour les contrats d’achat d’électricité augmentent le niveau de confiance accordée par les institutions bancaires. Les gouvernements devraient explorer comment les bailleurs de fonds internationaux et les instruments de la finance climatique pourraient fournir de telles garanties ainsi que des fonds pour financer des dispositifs nationaux de TAGER plus larges.

 

This is an excerpt from the recent publication “Alimenter l’Afrique en electricité grâce à des tariffs d’achat garantis”.The booklet was released by the World Future Council, the Heinrich-Böll-Stiftung and the Friends of The booklet was released by the World Future Council, the Earth in English in 2013.

TAGER

Thursday, July 3rd, 2014